stylo-plumologie I: Et l’air, il passe par où?

Cette nouvelle série d’articles intitulé « stylo-plumologie » se focalisera sur la technologie des stylos plumes. Cela concernera souvent des détails sur un stylo en particulier (comme pour ce premier volet) mais des sujet plus généraux pourront aussi être abordés.

Pour ce premier article c’est l’admission de l’air dans le Parker « 51 » qui va nous intéresser. Je m’étais jamais posé la question mais elle m’est venue à l’esprit alors que j’échangeais le conduit de mon « 51 » Mk Ia, qui m’était arrivé avec un conduit de Mk III (ou de « 51 » vacumatic) par un conduit de Mk I. Si la fissure d’encre n’est pas connecté au trou relié au tube (contrairement au conduits a « breather tube » des Vacumatic), il passe par où l’air? Parce que si l’encre s’écoule du réservoir au moment de l’écriture, il faut que de l’air passe dans le réservoir: un stylo sans échange air/encre, ça marche pas.

Un conduit de « 51 » ça ressemble à ça:
Hebergeur d'image image tiré du Parker repair manual #6996E

Ce qui est plus intriguant c’est qu’il n’y a pas de canal « air » sur le collecteur, que des canaux « encre », beaucoup plus fins. donc l’air doit passer par le tube pour arriver au réservoir, mais comment? Aucun problème pour entrer sous le capot, il arrive par le tube dans le réservoir mais comment il passe à travers le collecteur?

Pour ceux qui se demandent, le collecteur c’est la partie en acrylique transparente où est emboité la plume, lui-même emboitée sur le connecteur (en noir):
Hebergeur d'image

La réponse aurait pu être simple, c’est décrit dans le brevet N° 2,612,867 De Marlin S. Baker daté du 7 octobre 1952:

« Air to replace ink withdrawn from the reservoir in writing is admitted to the ink reservoir 12 by way of the cells 40 and feed duct 45 as explained in Baker patent No. 2,223,541, the governor 14 being provided with an air channel 71 (Fig. 4) in its top side, which channel is of greater than capillary width and extends throughout the length of the collector and in intersection with all the fins 39 and capillary cells 40, preferably at a point substantially diametrically oppsosite the feed duct 45. The air channel 71 communicates with the chamber 36 and thus with the exterior of the shell 11 through the nib notch 55 and the bore 37 »
note: le brevet 2,223,541 est celui du « 51 » vacumatic.

La figure 4 référée est en fait une section telle qu’indiqué sur la figure 2 ci-dessous:
Hebergeur d'image

Et donc la figure 4:
Hebergeur d'image

Cela ne résolvait pas mon problème de savoir comment l’air passait le collecteur… « The air channel 71 communicates with the chamber 36 », oui, mais comment? Parce que j’ai beau regarde sur mon collecteur, 71 il communique pas avec 36 (cf. Fig. 4, « 38 » empêche l’air de passer!)… Et les « 51 » fonctionnent aussi avec le collecteur à l’envers, c’est même indiqué dans un manuel d’époque…

La réponse est venue indirectement. Dans le repair manual #6996E il y a une vue en coupe du collecteur:
hostingpics.net On remarque facilement qu’il y a trois « emplacements » différents. un ou vient se loger le conduit (.112), un pour la plume (.144) mais l’autre semble bien inutile…

Une fois la plume et le conduit en place, on voit bien qu’il est libre:
hostingpics.net

Sauf que le « 51 » est un stylo très bien conçu, et rien n’est laissé au hasard. C’est cette coupe qui montre la solution:
Upload images On remarquera au passage les tolérances de construction 1/1000″ = 25.4 microns.

Clairement, le trou du conduit est connecté à « l’emplacement » laissé vide. C’est donc par là que l’air passe, enfin la solution! l’air passe par la fente du conduit, puis dans l’emplacement entre la plume et le conduit puis dans le tube.

En fait cette « chambre » sert de réserve d’encre et on écrit directement avec l’encre qu’elle contient. Une fois vide, un bulle d’air passe dans le réservoir, la chambre se remplie immédiatement grâce à l’encre contenue dans le collecteur. Durant ce temps très court la plume est alimenté par l’encre contenue sous le capot. Le collecteur se rempli lui ensuite directement depuis le réservoir. Tout ceci permet d’avoir un débit d’encre constant tout en maintenant l’encre au plus près de la plume, ce pour quoi le « 51 » a été conçu à l’origine.

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2 réflexions au sujet de « stylo-plumologie I: Et l’air, il passe par où? »

  1. Ping : Parker « 51  vacumatic – Lustralloy cap – 1944 | «Stylos plume: le blog de GG917

  2. Ping : Stylo-plumologie III: Aero-metric… C’est pour mesurer l’air? | Stylos plume: le blog de GG917

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