Archives mensuelles : décembre 2014

Les stylos ça rouille

Au bout d’un certain temps, on sait à quoi s’attendre quand on ouvre un stylo vintage pour le restaurer. Les stylos à levier ou bouton poussoir c’est souvent la pluie de sac fossilisé en miettes, les safety sont encrassé d’encre au possible etc…

Les Sheaffer pneumatiques? D’un coté ils ont été conçus pour se remplir proprement, argument principal de vente des Snorkels. Le revers de la médaille est que si le sac fuit, c’est la catastrophe. Les snorkels sont très souvent très sales à l’intérieur. Idem pour les touchdowns. Le problème vient de la présence de pièces métalliques à l’intérieur qui ne demandent qu’a rouiller. Les ressorts de snorkel sont parfois dans des états déplorables.

Petit exemple aujourd’hui, un Sheaffer tip-dip (remplissage touchdown):
Hebergeur d'image

Le protège sac est complétement rouillé et est sans doute bon à changer. Encore que parfois ça peut se « sauver »! En dessous est un protège sac tout juste restauré, prêt à être remonté sur le stylo.

Si votre Sheaffer pneumatique (TD, snorkel etc…) ne rempli pas malgré plusieurs essais, restaurer le (ou envoyez le à restaurer) sans attendre pour éviter ce genre de désagrément…

On gagne pas à tous les coups…

Comme beaucoup de restaurateurs, j’aime bien les stylos assez complexe à restaurer. Ça n’a pas besoin d’être un stylo avec un système de remplissage compliqué d’ailleurs. Un stylo à levier est « facile ». Rajoutez une section collé au shellac et on augmente le niveau. un petit crack mal placé sur le capuchon et on change encore de catégorie…

On apprend souvent pas mal de chose en restaurant ces stylos mais parfois on aime bien se faire un « facile », pour changer un peu. Par contre je m’attendais pas du tout à ce que ce soit le stylo avec le système de remplissage le plus simple au monde qui me donne une telle leçon!

Je m’étais donc acheté un Mabie Todd « Swan » 2500, un eyedropper. plus simple on fait pas. Voila à quoi ressemblait le stylo à son arrivée:

C’était à l’époque ou je me méfiais pas encore (assez) de l’ébonite. Le stylo est décoloré, mais bon ça peut se renoircir. Suffit de bien nettoyer toute l’encre, tremper le stylo dans la javel et le tour est joué… Sauf que l’ébonite est un matériau imprévisible, pour certaines suffit d’un simple contact avec de l’eau pour qu’elles verdissent… J’ai appris depuis à m’en méfier!

quoi qu’il en soit, pour ce stylo la javel ne marchais pas. Ou plutôt mal. En fait je me suis rendu compte que c’est surtout la préparation de la surface qui joue beaucoup sur le résultat final. Sauf que comme le stylo avait trop vu la javel, la surface était devenu très rugueuse. L’ébonite était noire comme voulu, mais le stylo « ruiné ».

Je l’ai donc gardé pendant un bon bout de temps juste en face de moi quand je suis assis à mon atelier. Comme un « souvenir » des erreurs à pas faire. J’ai depuis mis le doigt sur la bonne méthode pour que la javel puisse agir de façon optimale. Et un jour j’ai décidé de m’occuper du Swan qui me narguais. Au pire j’effacerais les impressions sur le stylo. Résultat?

Le voici:
Hebergeur d'image

Les impression sont toujours là mais sont moins visibles qu’avant (stylo noir brillant + lumière artificielle, pas une bonne combinaison…). L’ebonite se polie assez bien contrairement à ce que je croyais. Ce stylo reste d’ailleurs le seul que j’ai ainsi poli à l’heure actuelle.

Victoire?

Non. Un petit rien à complétement gâché le tableau. Ça:
hostingpics.net

Le capuchon est percé juste sur le haut. Et le capuchon interne aux abonnés absents… C’était pas visible à l’origine, le trou était bouché et ressemblait à un choc sur le stylo. A cause de ça le stylo sèche assez rapidement car il n’est pas bouché hermétiquement (ce n’est donc pas un « safety pen » selon la dénomination de Mabie Todd).

Donc j’ai un joli stylo en ébonite bien noire mais que je ne peux pas utiliser. La leçon est retenue: un simple « simple » n’est pas un stylo « facile ».