Parker 61 Mk II « Custom »

La réponse de Parker au stylo bille et au Sheaffer Snorkel, le Parker 61 capillary filler qui se rempli tout seul!

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Le Parker 61 est la solution adoptée par Parker pour obtenir un stylo qui se rempli sans avoir à se mettre de l’encre plein les doigts. Sheaffer avait le snorkel se remplissant comme une seringue depuis 1952 et Waterman le C/F à cartouches depuis 1953, Parker fut donc le dernier à présenter sa solution avec le 61 capillary filler en 1956. Leur stylo allait encore plus loin que ceux des concurrents, le stylo se remplissait tout seul! Il venait aussi d’encore plus loin selon certaines publicités:

Hebergeur d'imageEt oui il vient d’un autre monde!

Le principe du Parker 61 est assez simple, il s’agit en fait un stylo avec un énorme conduit et une plume au bout. Il suffit donc de tremper le stylo dans l’encre pour le remplir, l’encre est aspiré dedans par capillarité. Un peu comme lorsque l’on trempe juste la plume d’un stylo pour l’essayer, sauf que le conduit fait dans ce cas aussi office de réservoir. Bien que simple sur le papier, la réalisation a semblé demander pas mal d’efforts aux ingénieurs de Parker vu le nombre de brevets déposés pour des stylo-plumes à remplissage par capillarité (on en recense plus d’un dizaine). C’est ainsi qu’en 1956 le Parker 61 fut lancé suivi en 1962 par une nouvelle version, la Mk II avec un nouveau mécanisme pour maintenir le capuchon sur le stylo et aussi un anneau différent entre le corps et le capot. En 1969 le système capillaire fut abandonné lors de la mise sur le marché du 61 Mk III à cartouches ou convertisseur qui sera produit jusqu’en 1983.

Bien que le système capillaire soit très fiable, il fut victime de son propre design. L’absence d’action nécessaire à son remplissage n’incitait pas à rincer de temps en temps le stylo et ils finissait par se boucher. Ce qui était supposé être le point fort du stylo se révéla ainsi être son point faible… Parker distribuera des poires en caoutchouc aux marchands de la marque pour rincer les stylos bouchés de leurs clients mais aussi des centrifuges pour pouvoir extraire l’eau ou l’encre facilement du stylo… Finalement devant le nombre de stylos bouchés retourné au SAV le système capillaire fut abandonné au profit d’un système à cartouches.

Les Parker 61 capillaires complétement encrassé par de l’encre séchées sont assez courants à l’heure actuelle. Le Mk II « Custom » présenté ici a échappé à ce destin funeste car il m’est arrivé sans jamais avoir été encré!

Fermé le stylo mesure 13.4cm:
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ouvert il mesure 12.5cm:
hostingpics.netL’anneau incurvé entre le corps et le capot est ce qui différencie les Mk I et les Mk II. Sur les Mk I l’anneau est plus fin et n’est pas incurvé vers l’intérieur.

Une fois le corps dévissé on peut voir la cartouche capillaire (« cellule » dans le jargon de Parker), recouverte de téflon de couleur grise:
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La forme du stylo est assez proche de celle du « 51 » mais elle est bien plus fine que ce dernier. On notera aussi la présence d’un « jewel » au bout du stylo:
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Les modèles de 61 se différencient par leur capuchon dont la couleur est assortie au attributs du stylo (doré ou nickelé). Le « Custom » a un capuchon doublé or 1/10 12K avec 8 groupes de 5 lignes et un clip lui aussi doublé or:
hostingpics.netLes inscription à la base du capuchon lisent « Parker » « 61 » « Made in USA » « 61 ». Un des « 61 » à le sigle de Parker au dessus de lui tandis qu’au dessus de l’autre est situé le poinçon indiquant « 1/10 12K GF ».

Comme précédemment indiqué, le 61 Mk II possède un système de fermeture du capuchon différent du Mk I. Ce dernier reprenait le système des « 51 » vacumatic et aerometric Mk I tandis que le Mk II introduit un système avec 4 « doigts » qui agrippent le capot du stylo. Ce système fut aussi utilisé en parallèle sur les « 51 » aerometric Mk II puis Mk III. Il est est bien plus doux à utiliser que le système à « clutch ring » au prix toutefois de marques pouvant apparaitre sur le capot à force d’ouvrir et fermer le stylo. Comme sur les « 51 » le capuchon interne est ventilé.
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Au bout du capot seule l’extrémité de la plume est visible, comme sur les « 51 ». La grosse différence est la présence de la flèche sur le capot qui permet d’avoir un repère visuel pour l’orientation de la plume. Selon le designer du 61 Don Doman, Parker aurait reçu pas mal de remarques comme quoi il est difficile de juger de la bonne orientation de la plume par rapport au papier du fait que la plume soit capoté (détail dans Pen World, Winter 1989). Pour résoudre cela le 61 a une flèche (deux points sur les 61 fabriqués en Argentine) qui est inséré à chaud dans le plastique et non pas collé:
hostingpics.netLes 61 ayant perdus leur flèche sont assez courants, mais bien moins que si la flèche avait été simplement collée…

Seul le bout du long conduit en lucite (9.3cm!) est visible de l’autre coté. L’ouverte est bien plus « carrée » que sur les « 51 »:
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En vue « de coté »,on peut voir que la plume est prise en sandwich entre le capot et le conduit:
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Le remplissage du stylo est très simple. Le bout de la « cellule capillaire » possède des ouvertures à son bout par lesquelles l’encre peut entrer:
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Sur la photo au dessus un morceau de mousse empêche de voir le matériaux qui constitue l’intérieur de la cellule. La mousse était d’ailleurs rouge à l’origine sur le stylo, signe que le stylo n’avait pas été encré. Pour les plus curieux, le matériau constituant la cellule capillaire est une feuille de plastique perforée enroulé autour du conduit:
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Et voici le stylo en pleine action de remplissage:
hostingpics.netFacile non?

Le problème est qu’il n’y a aucun moyen de savoir quand le stylo est plein, ni de connaitre le niveau d’encre. Les instructions d’origine indiquent entre 10 et 30s pour faire le plein, 5min sont bien plus réaliste surtout si le stylo était « sec ». Le film de teflon sur l’extérieur de la cellule est censé faire couler les gouttes d’encre pour qu’il n’y ai pas à l’essuyer, ce qui fonctionne que moyennement…

Une fois le stylo encré et l’encre arrivé à la plume, plus aucun problème. Les plumes de 61 sont assez réputés, au même niveau que celles des « 51 ». Vu qu’elles étaient fabriquées à la même époque… plusieurs tailles étaient disponibles (« accountant », EF, F, M, B, stub et medium oblique), celle-ci est une F. Elle glisse parfaitement sur la papier mais donne aussi beaucoup de feedback, sans toutefois être désagréable. Le débit est bon, ni trop sec ni trop humide. La prise en main du stylo est agréable, comme un snorkel donc parfait (évidemment!). Le problème vient plus du système de remplissage: le débit fini par se réduire petit à petit lorsque le stylo est 3/4 vide pour finalement s’arrêter, contrairement à un stylo « normal » qui s’arrête d’un seul coup.
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Malheureusement les largeurs de trait n’ont pas été mesurée et je m’en suis rendu compte qu’une fois le stylo rincé et nettoyé et la feuille partie à la poubelle… environ 0.3mm pour le trait « normal » de mémoire…

Voila pour le Parker 61 capillary filler, le stylo qui se rempli tout seul. Si il pouvait aussi se nettoyer tout seul…

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